
Fais trop chaud, ai bouffé 1kilo de glace chocolat cerise hier, passé la nuit sur les chiottes, trop de taff, le cinéma ca pue, envie de lire des nouveaux trucs, pas le temps. prendre.
Prenez n'importe quelle vidéo ayant un peu d'intêret et contemplez: mon commentaire favori est sur un lieder chanté par Thomas Quasthoff. C'est du génie purement et simplement.
Pris d'une jalousie/haine qui le caractérise tant ce bâtard aux cheveux rouges (oui Madame votre fls s'est teint les cheveux en rouge fluo pour 100 dollars) s'est empressé de reproduire mon idée dans ma chambre:



J’ai demandé à un australien qui faisait son footing avec un chien sur la plage si cette méduse était dangereuse il m’a dit que oui mais que celle-ci était très certainement morte et donc que je n’avais rien à craindre. Il a finalement rajouté que je devrais mettre du vinaigre sur ma main si j’avais quelque chose. Marc achète chaque jour deux tickets de metro valables 2heures. Un ticket vaut 3,50$. Le ticket journalier coûte 6,50$. Je suis sur qu’il a des origines australo-asiatiques.
Aujourd’hui, je croyais aller me brosser les dents, les cinq lavabos étaient pris par des chinois qui y faisaient tremper leur sous-vêtements dans de l’eau. Après dix minutes à remuer leur linge, ils sont partis satisfaits. Je n’ai pas osé leur parler de savon. Encore moins de la machine à laver en libre service deux étages plus haut.
Le vendredi soir mieux vaut avoir des roomates malaisiens qu’irlandais.
Aujourd’hui une chinoise myope faisait les sundaes au MacDo. Pour poser le coulis de framboise elle s’approchait à deux centimètres de la glace et en renversait à côté une fois sur deux. Le client – un anglais vicieux de Manchester très certainement – lui a demandé de refaire deux fois ses sundaes parcqu’il n’aimait pas la forme. Je n’ai rien vu d’aussi fascinant depuis le court métrage d’Apitchatong.
Aujourd’hui c’est mon dernier soir à l’auberge de jeunesse. J’ai volé deux cintres en aluminium soit l’intégralité du matériel présent dans ma chambre.
Aujourd’hui j’ai surpris Marc en train de crier ‘suce moi papa’ dans le tram. Je vais vivre un an en coloc avec lui.
Aujourd’hui je m’aperçois que les Australiens sont super impressionnés par toute personne ayant un master. Désormais pour m’introduire auprès d’une Australienne je dis simplement : « Hello i’m here to achieve my second master of business» et au lieu de passer pour le français débile qui baragouine de l’anglais je passe pour un génie. J’aime ce pays.
Aujourd’hui un japonais, entouré de ses 3 sosies, a gouté de la vegemite au breakfeast. Ce fut comme s’il vivait Hiroshima une seconde fois.
Aujourd’hui j’ai mangé des noddles (nouilles chinoises). Encore.
Aujourd’hui une Australienne fat bottomed a couru pour me voler ma place au Starbucks. Elle n’avait rien commandé et voulait juste poser son gros cul sur le pouf. J’ai du manger mon « reduced fat blueberry muffin » - traduire bluebbery muffin normal - à côté de la poubelle.
Aujourd’hui l’américain est parti en entretien d’embauche. Il avait des bottes de chantier Caterpillar aux pieds et un sac de randonnée dans le dos. Il cherche un poste de vendeur porte-à-porte.
Aujourd’hui l’américain est venu me parler. Comme tous les jours il m’a dit : « Do you know if it’s hard to find a job in Melbourne ? ». Je l’ai quand même complimenté sur son t-shirt metallica des années 80. par compassion.
Les Malaisiens néo-zélandais sont vraiment cheulous. Ils dorment entre 16H 18H30, rentrent à 1h du mat et dorment jusqu’à 11h du mat avant de manger dans la chambre un pot de nems à la crevette que le gars a preparé pour les deux filles (ce soumis).
Aujourd’hui j’ai mis l’alarme de mon portable à fond. Demain matin, 6am, mes potes malaisiens pourront écouter ma nouvelle sonnerie de portable Slipknot.
Aujourd’hui j’ai parlé à ma mère sur msn. Elle m’a dit que j’avais de la chance qu’il faisait moche à Paris et super beau à Melbourne. En sortant de la bibliothèque, il pleuvait et les bourrasques de vent m’ont arraché la tête.
Aujourd'hui, j'ai commandé un big mac. Manque de pot le serveur - un tasman probablement - avait déjà mordu dedans.
Aujourd’hui, 7H10am, Wong et ChunLi me réveillent avec leurs sonneries de portable chantant en chinois. Je pars jogger dans le Royal Botanic Garden. Melbourne est une ville métamorphe, le temps, les gens, les quartiers, les parcs : tout semble changer au fil des heures pour se perdre dans une multitude de possibles. Il y a de ça dans Speed Racer, kaléidoscope protéiforme d’expérimentations pop (postwarholiennes c’est évident) totalement ancrées dans les obsessions asiatos steam punk des Wacho. Innover dans un monde fini en s’affranchissant de ses limites – ou du moins avoir l’illusion de s’en affranchir -. Il y a deux temps forts dans le film qui corroborent cette idée du dépassement illusoire.
On pense au début de Speed Racer et à cette scène folle où le petit garçon déambule dans un coloriage comme dans un rêve. Puissance de l’imagination, supériorité apparente de cette dernière sur une réalité qui n’est que combinaisons, répétitions. On n’a fait que tourner le kaléidoscope pour tomber sur un autre schéma. Il faudra attendre les dernières secondes de la dernière course pour arriver à quelque chose qui dans le cinéma populaire n’a de comparable que la scène de voyage de lumière dans 2001 l’odyssée de l’espace.
Le franchissement de la ligne d’arrivée, déformation ultime de la réalité, n’est possible qu’après la symbiose de l’homme et la machine et n’a pour seul but que de dresser un habile jeu de miroirs, forcément abstrait ; ce qui est cool chez les Wachowski, c’est que le rêve n’est plus une issue crédible, le monde virtuel l’a remplacé. So modern.
De voir le TIME conclure leur article sur la modernité cinématographique par ça : « Speed Racer brings the virtual movie to full maturity--the, for now, ultimate blending of man and machine. If you watch the film, are overwhelmed by the assault of seductive visual information and wonder what you're seeing, here's the happy answer: the future of movies. We sing the movie electric.» C’est se dire que quelque chose a quand même changé grâce aux Wachos.
http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,1738497,00.html

Ma voisine de chambre est une Australienne américaine gogodanceuse très avenante.
Aujourd’hui deux Australiennes (une Indienne du Sri Lanka et une Chinoise d’Afrique du Sud) m’ont ajouté sur facebook. Il y en a une que j'ai surnommée affectueusement JAWS.
JAWS m’explique qu’en Australie les filles bien comme elle recherchent des hommes qui ne fument pas. JAWS a 20 ans – traduire 15 ans d’âge mental français -, elle a une mâchoire d’acier, se fringue comme une grand-mère morte (ou comme une Australienne) et mange de la bouffe australienne conduisant à une mort certaine vers 40 ans.
Il n’y a pas de personnes âgées dans la rue à Melbourne. En revanche, il y a des boites pour déposer ses seringues usagées (diabètes ou droguées) dans les toilettes de l’université. Conclusion manger de la vegemite diminue grandement l’espérance de vie.
La seule fille maigre du backpacker est californienne.
Au salon du backpacker, il y a un clochard qui sent le fromage. Il dort sur un canapé depuis que je suis arrivé.
Aujourd’hui j’ai visité mon second appartement à Melbourne. Il y avait 2 chambres ils étaient 8 dont 7 Chinois geeks qui se faisaient rissoler des tonnes de gousses d’ail dans une poêle.
Les Tasman sont des fous furieux sortis de leur campagne natale, ils se fringuent avec des sacs à patates et ont réservé tout le 3e étage du backpacker.
Hier soir au troisième étage du BackPacker un Tasman s’est réveillé en pleine nuit, a gueulé, lancé un extincteur, cassé une vitre, cassé un mur et s’est fait arrêter par 4 flics le poursuivant dans toute l’auberge. Il y a des trainées de sang partout dans sa chambre comme si on avait poussé un macchabée. C’est l’auberge la plus sécurisée de Melbourne, il y a des caméras partout.
Aujourd’hui j’ai mangé dans un resto Thai de Chinatown. J’ai juste pu manger 1 morceau de brocoli et j’ai la chiasse.
Aujourd’hui j’ai vu une Australienne maigre, le Vatican va déclarer ce que j’ai vu comme étant le plus grand miracle depuis la résurrection du Christ.
Parmi la ribambelle de loosers se trouvant à l’auberge les pires sont les Français. Tariq (ou Taré) est peut-être le champion. L’an dernier il est venu avec des tunes pour rester un an il a tout dépensé en 1 mois et a du se barrer. Cette année il est revenu avec 6000 dollars, en a perdu 2000 en boisson en 2semaine et a payé un billet d’avion 1000 dollars pour aller faire du fruit-picking de concombres au nord de l'Australie. Il a tenu 4heures à faire du fruitpicking et est revenu à Melbourne en pleurant. Les 3000 dollars restant lui on permis de manger,dormi et payer son billet d’avion de retour. Tariq retourne a Montpellier dans deux semaines en attendant il est obligé de manger des pâtes chinetoques à 1 euro et à laver la cuisine du backpacker pour pouvoir y dormir.
Parmi la ribambelle de loosers se trouvant à l’auberge les pires sont les Français. Bouteille de Bière éclatée sur la tête (me rappelle plus de son nom) est très bon. Il vit dans un Van Wolswagen, vient a l’auberge pour se faire cuire sa bouffe alors qu’il n’y habite plus, est venu en Australie pour y faire un BTS, mais quand il est arrivé il s’est aperçu que le BTS était trop cher et qu’il n’avait pas assez de tunes. Parfois il faut savoir rire du malheur des autres. Ah oui il parle aussi mal anglais qu’un breton aime enculer les vaches.
Ce matin, en descendant de son lit, Gunther (j’ai pas écouté quand il m’a dit son nom) s’est arraché la moitié de la peau de ses côtes sur l’échelle. Ce bâtard a allumé la grande lampe en gueulant et m’a taxé du cicatril et une compresse.
Les asiats sont crades et pissent dans les lavabos, je ne veux pas de coloc avec eux.
J’ai mangé de la vegemite, le plat du petit-déj australien. Un truc noir imbibé de sel et de levure de bière. Je suis mort malheureux en y goutant.
J’ai vu une Chinoise faire de l’internet aujourd’hui. Elle m’a quasi bruyamment pété dessus en rigolant avec ses copines et a continué à pianoter sur ses sites inutiles de chinetoque inutile. Je peux mourir heureux.
J’ai vu un Tasman se doucher aujourd’hui. Le mec rentre dans la douche, se passe un coup d’eau, ressort et va prendre le produit cheap pour se laver les mains dans les chiottes (le liquide rose fluo) et s’en met sur tout le corps et les cheveux. Il retourne à la douche et en sortant il s’essuye avec ses habits sales. Je peux mourir heureux.
Au backpacker il y a une Chinoise sumo qui ferait passer MR HONDA pour un pédé.
qu’est ce que je fous ici.
« J’hésite, regarde au travers de la fenêtre et ne vois plus d’oiseaux dans le ciel. Juste des nuages semblant migrer vers d’autres cieux, assumant ainsi un rôle qui n’est pas le leur. Peut être que nous aussi c’est ce que l’on fait. Les voitures le long de l’autoroute filent dans les deux sens, elles se croisent un instant pour surement ne plus jamais se revoir. Et en marchant, à chaque fois que je dépasse un autre être humain, je me demande s’il existe des gens avec lesquels je pourrais me sentir bien, parler de choses et d’autres qui nourriraient mon esprit. Il est plus facile de s’occuper de l’autre, ce corps mortel capable d’ardentes étreintes, tandis que l’invisible n’est qu’inconnues. »
Des images de Go Go Tales me viennent en tête tandis que je savoure mes dernières heures en France. Film ô combien sublime qui représente la quintessence du cinéma de Ferrara. Je conçois l’art comme une perpétuelle évolution n’ayant pour but que de réaliser une œuvre aussi belle, aussi gentille, aussi vraie que Go Go Tales ! Ferrara c’est un peu Dostoievski qui aurait réussi à devenir un grand artiste. Suivait au film un débat avec une femme (Nicole Benez i think) parlant de Ferrara (une simple femme, qui plus est en tailleur n’est pas a même de parler de Ferrara c’est évident) qui ose dire qu’il ne se passe rien du tout dans ce film et que la majorité du temps est vouée a une critique sur des putes dansant dans un night-club et qu’en plus l’argent est omniprésent et domine tout le film tandis que Willem Dafoe dit à voix haute « Je m’en bas les couilles du fric je veux juste que tout continue ! ». Effarant. Grand film sur la souffrance d’exister, sur la vie comme non-évènement, car dans un monde ou tout est un perpétuel recommencement comment milles bonheurs pourraient être supérieurs à une souffrance. L’erreur serait de croire que Ferrara est un pessimiste. C’est un Schopenheurien, il aime l’humanité plus que tout et son cinéma n’a qu’un seul but : nous aider à survivre, à surmonter l’omniprésence de la souffrance et de l’ennui tout au long de notre existence. Et je repense à Willem Dafoe, impérial, allongé tel César, sa chemise italienne supra cool (je veux la même) ornée de boutons rouges et ce visage sculpté au burin comme si dieu avait immortalisé là l’acteur dans son meilleur rôle, un rôle de gentil. Aristote disait que durant la vie l’on apprend à devenir heureux, Schopenhauer que l’art est le seul baume aux maux de notre existence sans but. Chez Ferrara il y a un peu des deux. Je pars bientôt, là-bas, à plus de 16000 km de Paris. L’Australie m’apparait comme une dernière tentative vaine de croire en l’homme, de croire que Schopenhauer a tord ou du moins pas tout a fait raison. Je ne vais rien chercher là-bas, je m’enfuis c’est tout et je m’aperçois que je commets peut-être la plus grande erreur de ma vie. J’ai envie de parti de me faire oublier de devenir ce que j’ai toujours voulu devenir. De me démarquer. On a tous envie de se démarquer seulement, l’on ne s’en croit pas capable. Human Nature Sux.